Posté le 16.12

Dans Carnet de voyage

Greenpeace, Nike, Puma et le « zéro rejet »

Greenpeace vient encore de frapper fort en contraignant les quatre grands équipementiers que sont Nike, Puma, Adidas et Lacoste à s’engager sur la voix du « zéro rejet ». Après plus de sept semaines d’une campagne savamment orchestrée par l’ONG, les marques visées ont fini par céder face à la pression des consommateurs qui ont joint leur voix à celle de Greenpeace pour demander à ce que leurs procédés de fabrication fassent une croix sur les produits toxiques qui polluent de nombreuses rivières, notamment en Chine.

Pour arriver à ce résultat, Greenpeace a déployé une palette très complète de messages et de mécaniques virales. L’ONG a en effet combiné des documentaires vidéo informatifs à des vidéos virales comme celle qui commence par des séquences que l’on attribue d’abord à Nike ou à Reebok mais qui finit par un message invitant les internautes à faire pression sur les marques qui sont les stars bien involontaires de ce clip. En complément, Greenpeace a organisé plusieurs mini-flash mobs devant les points de vente de plusieurs marques à travers le monde. Les internautes étaient également invités à se prononcer sur la marque qui, selon eux, serait la première à répondre à leurs injonctions. Un système de pétition par pays permettait à chacun d’écrire aux responsables des marques incriminées. Et bien entendu, des pictos et des fonds d’écran destinés à habiller les comptes Twitter et Facebook des participants ont été mis à disposition de tous.

Le site original de Nike copié par Greenpeace pour l'occasion

Tout cela est présenté sur le site du chalenge Detox qui se paie le luxe de faire un clin d’œil grinçant à Nike en copiant la mise en page et la navigation innovante du site « Nike Better World » qui met à l’honneur les efforts de l’entreprise pour protéger l’environnement…

Greenpeace a l’habitude de ce type de campagne qui donne généralement de bons résultats. En 2007, Greenpeace décide de « se payer » Apple en dénonçant les substances toxiques que la firme de Cupertino continue à employer dans la fabrication des ses produits alors même que plusieurs constructeurs informatiques les ont bannies. Pour ce faire, les activistes de Greenpeace n’ont pas hésité à détourner un des sites les plus célèbres au monde et d’en profiter pour mettre à nu les négligences d’Apple en matière de protection de l’environnement. Non content de ce fait d’armes, Greenpeace va encore plus loin en organisant un concours sur ce même site pour encourager le grand public – et en particulier les clients d’Apple – à créer une série de messages publicitaires demandant à Apple de « verdir » ses gammes de produits.

Comme avec Nike, le site "Green my apple" grimait le site du géant informatique

Neuf mois après le début de l’opération (on était loin des sept semaines ce coup-ci), Steve Jobs publiait un communiqué sur le site officiel de son entreprise affirmant que la marque à la pomme prendrait une série de mesures concrètes pour prendre une teinte résolument plus « verte ». Depuis, Apple communique beaucoup plus régulièrement sur la dimension écologique de ses produits.

Comment réagiriez-vous si Greenpeace venait à s’intéresser au cas de votre marque ?