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Quand les marques se rebellent

Nous sommes en 2017, quelques jours seulement après l’investiture du président Trump. Toute l’Amérique se replie derrière ses frontières et se met à faire la chasse aux réfugiés et aux immigrés musulmans. Toute ? Non ! Car des villes peuplées d’irréductibles chefs d’entreprise résistent encore et toujours à la tentation de désigner l’autre comme bouc émissaire.

Après le million d’américains qui s’est déplacé de tout le pays pour manifester à Washington contre les idées de Donald Trump un jour après son investiture, et l’autre million de citoyens qui a signé la pétition contre le #muslimban, c’est en effet au tour des GAFAM et des NATU de faire acte de résistance. Brian Chesky, le PDG d’Airbnb a annoncé que son entreprise offrirait le gîte à tout réfugié ou immigré menacé par le nouvel arrêté. Le patron de Starbucks lui a emboîté le pas en déclarant que son entreprise embaucherait 10 000 réfugiés sur les 5 prochaines années. Et pour faire bonne mesure, un des deux fondateurs de Google, Sergey Brin a manifesté avec les badauds à l’aéroport de San Francisco en affirmant qu’il était lui-même un réfugié qui avait rejoint les US à l’âge de 6 ans.

Comme si cela ne suffisait pas, Ikea a eu la bonne idée de développer des abris révolutionnaires destinés aux réfugiés du monde entier pour le compte du UNHCR. Le géant suédois a mis tout son savoir faire dans la conception d’abris robustes de 18 m2 pouvant tenir dans deux cartons et être assemblés en 4h par 4 personnes.

Ce n’est plus de l’impertinence. C’est une véritable mutinerie ! Et ça montre que les US et la Bretagne ont plus de choses en commun qu’on ne le croit.

The lucky eight

Et les autres

Tout le monde sait qu’être le mâle dominant dans une fratrie ou un clan, ça peut rapporter gros. Même si on peut y laisser quelques plumes ou se retrouver avec quelques cicatrices de guerre, celui qui parvient à dominer ses rivaux emporte généralement toute la mise : le droit de copuler et donc de se reproduire, l’accès à l’eau et à la nourriture, la meilleure place au soleil ou à l’ombre c’est selon, etc.

Non, je ne vous parle pas du tigre de Malaisie ou du bouquetin des Alpes, mais d’une espèce qui nous est beaucoup plus familière. Selon le dernier rapport d’Oxfam, l’espèce humaine n’a en effet pas son pareil pour concentrer toutes ses ressources et ses privilèges entre les mains de quelques heureux élus. Imaginez un peu : les 8 hommes les plus riches au monde – et oui, Liliane, il y a encore quelques marches à gravir avant de faire la « une » des rapports d’Oxfam – posséderaient à eux seuls autant que la moitié la moins bien lotie de la planète. 8 personnes d’un côté. 3,6 milliards de l’autre. Même si on peut discuter les chiffres, personne ne conteste l’ampleur d’un phénomène qui ne fait que s’accélérer. On a beau dire que la jalousie est un vilain défaut, y a pas à dire, ça fait réfléchir.

A l’est

Rien de nouveau ?

Vous allez finir par croire que j’aime vraiment les chiffres (alors que j’aime aussi cuisiner et collectionner les dés à coudre), mais les ventes du Black Friday 2016 ont rapporté 3,39 milliards de dollars dans tous les Etats-Unis. À titre de comparaison, parce que sinon ce n’est pas drôle, le Single Day shopping, une sorte de Black Friday chinois que s’est organisé Alibaba juste pour lui le 11 novembre, a généré 17,73 milliards. Choisi ton camp camarade !

Fumés

Tu me files ta fin ?

Hier soir au bar, j’ai vu la fin du paquet de cigarettes marqueté autant que possible, brandé pour être bandant et le début du paquet neutre censé enlever une part de rêve au produit. Si les buralistes ont augmenté de 20% leurs stocks d’anciens paquets sur octobre 2016, comme ceux qui font des réserves de nouilles en attendant l’apocalypse, n’oublions pas que “mieux vaut un crève-coeur momentané qu’une erreur longue et sans remède” (quand on parle de neutralité, un dicton suisse fait toujours l’affaire).

Retrouvez l’étude de cas du film Le Strip Tease que nous avions réalisés pour le compte du CNCT qui a contribué à l’adoption du paquet neutre par le parlement en 2015.

TOP 5

Tech 5

La semaine dernière, mon frangin qui ne travaille pas à l’agence (information qui ne fait pas avancer le schmilblick) m’a fait passer un article sur l’évolution du top 5 des plus grosses valorisations boursières mondiales entre 2001 et 2016. J’ai été étonné de ne pas y voir figurer Phileas, mais passons. Entre 2001 et 2011, l’équipe se composait du pétrole, de la banque, de la grande distribution même si les joueurs varient d’une année sur l’autre. Allons droit au but : en 2016, les 5 premières valorisations boursières sont des entreprises issues de la tech : Apple ($582B), Alphabet – ex Google – ($556B), Microsoft ($452B), Amazon ($364B) et Facebook (359B). Dingue !

HELLO MY NAME
IS HAL

Comment puis-je vous aider ?

Si vous êtes un tant soit peu branché sur la blogosphère ou sur des canards lié au monde de la communication, vous n’avez pas pu ne pas entendre parler des bots. Si, si, vous savez, ces assistants personnalisés qui promettent de révolutionner notre quotidien. Fini les applis qui font le bonheur d’Apple et des autres opérateurs de plates-formes mobiles depuis plusieurs années. Adieu sites web aux interfaces jamais vraiment standardisées pour trouver au bout de 5 ou 6 clics le ticket de train ou la veste que l’on souhaite commander. Tout le monde vous explique que tout ça, c’est horriblement daté et que 2016 sera l’année de la relation client ambiante.

Et c’est vrai que lorsque l’on voit ce que Domino’s ou Taco Bell proposent à leurs clients, on se dit que les choses sont vraiment en train de changer. Ce n’est plus le consommateur qui doit s’adapter au dispositif de la marque, mais bien cette dernière qui doit s’adapter au style de vie de ses clients. Si je suis dans mon salon, je dois pouvoir « parler » à mon restaurant favori et lui demander de me livrer de quoi me remplir la panse sans quitter mon émission favorite des yeux (sortir son smartphone risque vite de devenir has been). Si je suis en train d’envoyer un texto à des amis pour organiser la soirée, je dois pourvoir texter Carrefour dans la foulée et lui demander de me livrer ce qu’il faut de bières et de Bret’s.

Les déclinaisons de cette approche « ambiante » sont vertigineuses. Si j’ai une fuite dans ma salle de bain, pourquoi ne pas engager une conversation avec Leroy Merlin à qui j’enverrais une photo de ce qui semble clocher. Un peu de reconnaissance d’image et hop, voilà que le bon conseil vidéo commencerait à jouer et que mon magasin de bricolage préféré m’avertirait de l’expédition d’un joint pour remplacer l’ancien.

Sauf qu’on n’y est pas encore. À en croire tous ceux qui ont testé les premiers bots qui ont vu le jour depuis ce printemps, la plupart ne sont pas beaucoup plus évolué que les serveurs vocaux de SFR ou de la MAIF que l’on a tous hâte de shunter pour pouvoir parler à un conseiller en chair et en os. Et quand bien même ces bots deviendraient suffisamment intelligents pour répondre à la plupart de nos questionnements, est-ce que j’ai envie qu’une machine me renseigne sur les élections américaines ou choisisse pour moi la boutique dont proviendra ma prochaine paire de Doc Martens ?

Car derrière cette nouvelle promesse de praticité totale pour le consommateur se cache un sérieux traquenard que sont en train de tisser les gros acteurs des NTIC. Et oui, on risque de payer notre paresse au prix cher. Les GAFA le savent bien qui investissent lourdement dans ces nouvelles technologies. Chaque minute que l’on gagnera sur notre agenda correspondra à une recherche ou à une requête que l’on aura confiée à un bot. Un bot qui décidera unilatéralement quel prestataire il sollicitera, quelles sources d’actualité agréger ou quel comparateur consulter. Un peu comme si on abandonnait les résultats de recherche de Google en cliquant systématiquement sur le premier résultat. La praticité ou la diversité, il va falloir choisir.

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